Eric Rihs

La lévitation du foie gras poêlé

Sur verre sablé et porcelaine

L’assiette « Patty » est le fruit, la synthèse, la quintessence de près de 30 ans de céramique et une chute de sandwich au thon.

Après une formation de potier chez Willy Dougoud à Grandson / Suisse, je me suis installé dans le Jura / Suisse, aux Franches-Montagnes ; haut plateau où depuis des centaines d’années, des hommes sont venus rechercher une liberté illusoire enfouie sous un mètre de neige. J’y ai installé un atelier et une galerie.

Mon travail, d’abord essentiellement utilitaire et plutôt rustique, époque oblige, à évolué vers la porcelaine ; blancheur, sensualité, finesse.

Comme dirait Lapalisse, l’utilitaire devant être utile, c'est-à-dire laissant place à un contenu et convenant à la main, la bouche, le nez ou quelques ustensiles, je me suis tourné vers des œuvres plus libres, donnant des sculptures et des bas-reliefs abstrait, où je peux associer l’inutile à l’agréable et toujours en porcelaine.

Depuis les deux travaux évoluent en parallèle et en interaction.

C’est en sculpture que j’ai eu besoin de transparence pour le jeu de lumière, ainsi qu’un voile faussement pudique sur une expression quelque peu crûe. Le verre c’est imposé. N’étant pas verrier, j’ai développé des techniques simples de « casting », de « thermoformage » et de « sablage » sur la base de forme en terre. J’ai eu l’idée de les appliquer pour une assiette alors qu’un bout de mon sandwich  avait malencontreusement  atterrit sur une de mes œuvres. Il avait l’air d’être en suspension dans l’air, il en devenait plus appétissant, plus léger, à me déculpabiliser des calories en trop.

En créant une assiette, je me sens comme un scénographe d’un théâtre total alliant toutes les expressions artistiques humaines où se côtoient l’amour et le dégoût ; le sang et la parole ; la matière et le vide, la vie et la mort dans une sarabande d’odeurs, de couleurs, d’émotions.

Il était un foie gras, juste poêler comme il faut, saupoudré de sel et de poivre, comme en lévitation sur un voile pudique, d’où apparaît un dé-corps  sensuelle…et sur la droite, la lueur de l’acier…        À   PATTY   

 

E.Rihs